Bonsoir chéres lectrices, chers lecteurs,
Ce soir un sujet qui ne manque pas de piquants « Aie ça pique ! « .
Ce soir parlons de l’ortie, de ses innombrables qualités au cœur de la biodiversité et pour fiinir de la fabrication de son fameux purin.
Je vous souhaite une bonne lecture et une très agréable soirée.
Souvent mal-aimée à cause de ses poils urticants, l’ortie (Urtica dioica) est pourtant l’un des piliers les plus précieux de nos écosystèmes. C’est une véritable « centrale de vie ».
Voici pourquoi elle mérite une place de choix dans nos jardins et nos paysages.
1. Portrait de l’ortie
L’ortie est une plante herbacée vivace, reconnaissable à ses feuilles dentelées et ses tiges couvertes de poils microscopiques contenant de l’acide formique (le fameux « piquant »).
Plante pionnière : Elle pousse là où le sol est riche en azote, jouant un rôle de nettoyeur.
Résistante : Elle se multiplie facilement grâce à ses rhizomes traçants, formant des « orties-raies » denses.
2. Un garde-manger pour les insectes
L’ortie est ce qu’on appelle une plante-hôte indispensable. Elle est le seul repas possible pour les chenilles de plusieurs papillons magnifiques :
Le Paon du jour : Ses chenilles noires dévorent les feuilles avant de devenir de superbes papillons aux « yeux » colorés.
La Petite Tortue : Un papillon dont la population décline et qui dépend quasi exclusivement de l’ortie.
Le Vulcain : Ses chenilles s’enroulent dans les feuilles pour s’y protéger.
La Carte géographique : Elle y pond ses œufs de manière très architecturale.
3. Un refuge pour les prédateurs naturels
L’ortie attire une grande diversité de pucerons spécifiques (qui ne vont pas sur vos rosiers !). Ces pucerons servent de nourriture à :
Les Coccinelles : Elles viennent pondre sur les orties pour que leurs larves aient un buffet à volonté dès la naissance.
Les Syrphes et les Chrysopes : De précieux alliés du jardinier qui régulent les populations d’insectes dits « nuisibles ».
Les Oiseaux : Mésanges et fauvettes viennent y chasser les larves et les insectes qui s’y cachent.
4. Enrichissement du sol (Le cycle vertueux)
L’ortie est une pompe à minéraux. Elle puise l’azote, le fer et le magnésium en profondeur pour les ramener en surface.
En mourant : Elle se transforme en un humus exceptionnel qui fertilise la terre autour d’elle.
En purin : Pour le jardinier, elle devient un engrais naturel puissant et un stimulant pour les défenses des autres plantes.
5. Une source de nourriture pour les oiseaux et petits mammifères
À la fin de l’été, les orties produisent des milliers de graines riches en protéines et en huiles.
Oiseaux granivores : Les chardonnerets et les moineaux s’en régalent durant l’automne.
Micro-mammifères : Les musaraignes et les hérissons utilisent les fourrés d’orties comme zones de protection et de chasse à l’abri des prédateurs.
Le saviez-vous ? Un simple carré d’orties de quelques mètres carrés peut abriter jusqu’à 1 000 espèces d’invertébrés différentes !

Le purin d’ortie est à la fois un engrais azoté, un stimulant de croissance et un répulsif contre certains parasites. C’est l’allié numéro un du jardinier bio.
Voici la recette simple pour le réussir sans fausse note.
1. La récolte (Équipement requis : Gants !)
Moment idéal : Au printemps, avant que l’ortie ne monte en graines (les jeunes pousses sont plus riches en principes actifs).
Quantité : Comptez 1 kg d’orties fraîches pour 10 litres d’eau (de préférence de l’eau de pluie, car le chlore de l’eau du robinet peut freiner la fermentation).
2. La préparation
Hachez grossièrement les orties (tiges et feuilles) pour faciliter la libération des nutriments.
Immergez-les dans un récipient en plastique ou en bois (évitez le métal, qui peut s’oxyder avec la fermentation).
Mélangez bien pour que tout soit sous l’eau.
3. La fermentation (L’étape cruciale)
Emplacement : Placez le seau à l’ombre, loin de la maison (l’odeur devient vite… musclée).
Fréquence : Remuez le mélange tous les jours ou tous les deux jours. Vous verrez de petites bulles remonter à la surface : c’est le signe que les bactéries travaillent.
Durée : * 5 à 10 jours s’il fait chaud (20-25°C).
15 jours s’il fait plus frais.
Fin de fermentation : Dès qu’il n’y a plus de bulles quand vous remuez, c’est prêt !
4. Filtration et conservation
Filtrer : Utilisez un vieux drap ou un tamis fin. C’est indispensable si vous utilisez un pulvérisateur (pour ne pas boucher la buse).
Conserver : Mettez le liquide dans des bouteilles ou bidons opaques, bien fermés, au frais et à l’abri de la lumière. Il se garde ainsi plusieurs mois.
5. Comment l’utiliser ? (Attention : Ne jamais l’utiliser pur !)
Le purin d’ortie est très concentré, il faut donc le diluer selon l’usage.
Usage Dilution Application :
1) Engrais / Booster 10% (1L de purin pour 9L d’eau) Arrosage au pied des plantes tous les 15 jours.
2) Répulsif (Pucerons) 5% (0,5L de purin pour 9,5L d’eau)
Petit conseil d’ami :
Pour atténuer l’odeur de fermentation, vous pouvez ajouter une poignée de lithothamne (algue en poudre) ou quelques feuilles de sauge ou de lavande dans votre seau.


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